Actualité patrimoniale

Hauts Revenus : ce qu'il faut anticiper avant décembre

Le 21/10/2026
La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), créée en 2025, vise à assurer une imposition minimale de 20 % du revenu des foyers dont le revenu excède 250 000 € (seul) ou 500 000 € (couple). Elle a été reconduite avec la loi de finances pour 2026. C'est donc pour la deuxième année consécutive qu'une nouvelle échéance se profile dès le 1er décembre 2026 pour les contribuables concernés. Ils devront estimer et pré-déclarer leurs revenus de l'année 2026 et se verront prélevés dans la foulée d'un acompte de 95 % de la contribution estimée sur les revenus 2026. Quelques points d'attention subsistent malgré les précisions utiles que l'administration fiscale a apportées durant l'été 2026 au terme de la publication de ses commentaires.

Si la plupart des zones d'ombre sont désormais clarifiées, l'heure est à la simulation. Le traitement d'un revenu exceptionnel — option pour le barème ou PFU, demande de retraitement dans la déclaration — peut modifier sensiblement le montant de la contribution : anticipez ces arbitrages dès à présent.

 

Une imposition minimale de 20 % hors prélèvements sociaux

 

L'imposition des revenus comporte désormais 4 composantes. Il y a tout d'abord l'impôt sur le revenu (IR) sur les différentes catégories de revenus, qu'il soit déterminé au barème progressif ou à un taux forfaitaire. À cela s'ajoutent 2 contributions récentes et les prélèvements sociaux (PS).

Depuis 2011, une Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus (CEHR) prévue à l'article 293 sexies du CGI, majore de 3 à 4 % l'impôt dû par les foyers qui disposent d'un revenu fiscal de référence (RFR) qui dépasse 250 000 € pour une personne seule ou 500 000 € pour un couple.

Depuis 2025, une Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR) vise un autre objectif que la CEHR, celui de garantir une imposition de ces foyers à hauteur d'au moins 20 % du revenu. Concrètement, la contribution est égale à la différence positive entre :

  • la cotisation résultant de l'application d'un taux de 20 % au revenu fiscal de référence « retraité » (RFR retraité) et à l'éventuelle décote ;
  • et la somme de l'impôt sur le revenu et de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) après retraitement, majorée de 1 500 € par personne à charge et de 12 500 € pour les contribuables soumis à imposition commune.
À noter : la CDHR s'ajoute à l'impôt sur le revenu et à la CEHR. Ces deux contributions sont distinctes et peuvent être, ou non, cumulatives. Le RFR à retenir n'est d'ailleurs pas le même pour l'une et pour l'autre.

Une nouvelle obligation déclarative à ne pas manquer entre le 1er et le 15 décembre 2026.

 

Sont concernés les foyers fiscalement domiciliés en France dont le RFR retraité excède 250 000 € (célibataires, veufs, séparés ou divorcés) ou 500 000 € (imposition commune), dès lors que leur taux moyen d'imposition est inférieur à 20 %.

| En plus de sa documentation officielle, l'administration met en ligne un guide, une foire aux questions et un simulateur pour aider les contribuables à mesurer s'ils sont concernés et à savoir comment s'y prendre. En 2025, les redevables de la CEHR ont également reçu un message personnalisé dans les semaines qui précédaient le 1er décembre. |

Le premier exercice en 2025 a mis en évidence plusieurs règles qui incitent à anticiper et ne pas manquer le rendez-vous déclaratif de début décembre 2026:

  • les revenus non connus avec certitude à la date de la déclaration doivent être estimés, avec possibilité d'un versement complémentaire jusqu'au 24 décembre ;
  • l'acompte s'impute sur la contribution due au titre de l'imposition des revenus, l'excédent éventuel étant restitué ;
  • une majoration de 20 % est encourue lorsque l'acompte versé s'avère inférieur de plus de 20 % à 95 % du montant réellement dû, apprécié à l'issue de la campagne déclarative du printemps suivant ;
  • le calcul de l'acompte est sans incidence sur le taux de prélèvement à la source, qui sera actualisé après la taxation des revenus.

La CDHR due sur les revenus de l'année 2026 devrait donner lieu au versement d'un acompte de 95 % du montant estimé de la contribution, entre le 1er et le 15 décembre 2026, dans l'espace particulier impots.gouv.fr.

 

Le cas particulier des revenus exceptionnels

 

Les contribuables qui ont perçu en 2026 un revenu exceptionnel et particulièrement ceux qui ont réalisé une plus-value sur titres ou valeurs mobilières ou encore des distributions susceptibles de bénéficier du Prélèvement Forfaitaire Unique de 12,8 % doivent porter une attention particulière à leurs obligations fiscales.

Sont exceptionnels au sens de la CDHR les revenus qui, par leur nature, ne sont pas susceptibles d'être recueillis annuellement et dont le montant dépasse la moyenne des revenus nets des trois dernières années (BOI-IR-CDHR-20 § 30). L'administration reprend globalement pour la CDHR les règles du système du quotient à l'IR, mais avec une divergence notable : un revenu peut être exceptionnel au sens de l'IR sans l'être au sens de la CDHR et inversement.

En présence d'un revenu exceptionnel, deux retraitements sont opérés :

  • le revenu exceptionnel n'est retenu que pour son quart dans le RFR propre à la CDHR ;
  • corrélativement, seul le quart de l'IR et de la CEHR « retraitée » afférents à ce revenu est retenu pour calculer l'imposition cible.

Ce retraitement n'est qu'optionnel, c'est au contribuable de le demander. L'exercice de simulation pour en décider n'est pas aisé et gagnera à être anticipé dès maintenant pour éviter les erreurs.

 

Les commentaires de l'administration fiscale

 

Au-delà de la question du traitement des revenus exceptionnels, le BOFiP du 30 juin 2026 apporte des éclaircissements attendus :

  • en cas de mariage ou PACS, la CDHR est calculée sur l'ensemble des revenus du couple au regard du seuil de 500 000 €, sauf option pour une imposition séparée ;
  • en cas de divorce ou séparation, chaque nouveau foyer fiscal est apprécié au regard du seuil de 250 000 € ;
  • en cas de décès, deux contributions peuvent être dues : une sur les revenus communs perçus jusqu'au décès (seuil de 500 000 €) et une sur les revenus propres du conjoint survivant (seuil de 250 000 €).

Enfin, s'agissant des contribuables devenus résidents fiscaux français en cours d'année, l'administration considère que les règles de transfert de domicile fiscal s'appliqueraient dès les revenus 2025 (BOI-IR-CDHR-10 § 70).

 

Pour aller plus loin