Barème progressif vs. PFU : l’option pour le barème (case 2 OP) devient révocable !
Le 19/03/2026Qu'il s'agisse de dividendes, d'intérêts, de plus-values sur titres ou de rachats d’assurance-vie, ces revenus sont soumis par défaut à un Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) souvent surnommée “flat tax”. Son taux est généralement de 12,8% auxquels s’ajoutent les prélèvements sociaux (17,2 % ou 18,6%).
Cependant, lorsque cela lui paraît plus avantageux, le contribuable peut dans la déclaration de revenus abandonner ce forfait pour une imposition au barème progressif. Cette option jusqu’alors irrévocable va être prochainement assouplie. Il sera désormais possible de décocher la case 2OP a posteriori. Cela renforcera la reconnaissance de son droit à l’erreur.
| Bon à savoir : cette souplesse ne s'appliquera toutefois qu'aux revenus perçus à partir de 2026 à déclarer en 2027. Pour la déclaration de ce printemps (revenus 2025), l'option reste irrévocable. En cas de doute subsistant au moment de valider la déclaration il est, pour cette année, la plupart du temps préférable de ne pas la cocher. |
Rappel : le fonctionnement par défaut (PFU)
Depuis 2018, les revenus de capitaux mobiliers (dividendes, intérêts, produits contenus dans un rachat sur un contrat d’assurance-vie), sont soumis, au moment de leur mise en paiement, à un prélèvement à la source (sauf lorsque le foyer bénéficie de la dispense d’acompte) :
- Prélèvement forfaitaire obligatoire non libératoire (PFONL) au titre de l’impôt sur le revenu au taux 12,8% ou au taux de 7,5% pour les produits de rachat de contrats d’assurance-vie de plus de 8 ans.
- Prélèvements sociaux au taux de 17,2% de 2018 à 2025 et au taux de 18,6% en 2026.
L’année qui suit leur encaissement, ces revenus sont à déclarer en même temps que les autres revenus du foyer. Les sommes déjà acquittées à la source au titre de l’impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux seront prises en compte pour le calcul de l’impôt final.
Les plus-values de cession de valeurs mobilières, quant à elles, ne subissent aucun prélèvement lors de leur encaissement. Leur assujettissement à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux résulte de la déclaration des revenus.
L'alternative : l'option pour le barème (case 2 OP)
Pour tous ces revenus de capitaux mobiliers, la modalité d’imposition est, par défaut, le PFU de 12,8 %.
Cependant, il est possible, en cochant la case « 2OP » de la déclaration de revenus, d’opter pour leur imposition selon le barème progressif. Cette option pour le barème progressif est annuelle et globale : elle concerne tous les revenus de capitaux mobiliers de l’année.
Dans les deux cas, les sommes déjà prélevées sur les intérêts, dividendes et produits contenus de rachats sur des contrats d’assurance-vie viendront se déduire pour le calcul des sommes restant dues.
Il peut arriver que le choix réalisé au moment de la déclaration des revenus entre conservation du PFU et option pour le barème progressif se révèle, a posteriori, non judicieux. Se pose alors la question de la possibilité de le modifier.
Ce qui change avec la loi de finances pour 2026
Jusqu’à présent, si l'administration fiscale permettait d'opter pour le barème après le dépôt initial, l'inverse était impossible. Une fois la case 2OP cochée, l'option devenait irrévocable, même dans le cadre du délai de réclamation ou d'un contrôle fiscal.
À partir de l’imposition des revenus de 2026, l’option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu, choisie lors de la déclaration en juin 2027 via la case 2OP, n’est plus irrévocable. La loi de finances pour 2026 permet aux contribuables de renoncer a posteriori, à l’application du barème progressif, pour bénéficier du Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), si ce mode d’imposition se révèle finalement plus avantageux.
Rappel des enjeux de l'option (case 2OP)
Comment choisir entre le PFU et le barème ?
Le choix du barème (case 2OP) peut s’avérer avantageux si vous avez un taux d'imposition assez faible. Cela vous permet de bénéficier :
- D’abattements, par exemple l’abattement de 40% sur les dividendes éligibles,
- De la déductibilité de frais (dépenses effectuées pour l'acquisition ou la conservation des revenus)
- Les plus-values résultant de la cession de titres acquis avant le 1 janvier 2018, peuvent bénéficier de certains abattements de droit commun ou renforcé après compensation avec les moins-values.
- Une partie de la CSG afférente aux revenus de capitaux mobiliers imposés au barème est déductible de votre revenu imposable de l’année de son paiement à hauteur de 6.8 % (à l’exception des produits des fonds euros des bons et contrats de capitalisation ou assurance-vie)
Rester au PFU (ne rien cocher) peut être plus intéressant si votre tranche d'imposition est élevée (30 % et plus), car il permet de plafonner votre impôt à un taux souvent plus attractif.
La loi de finances pour 2026 élargit pour l’avenir le choix du contribuable. Elle rend révocable l’option pour le barème progressif sur les revenus du patrimoine financier lorsque c’est plus économique.
Anticipez dès aujourd’hui : si le droit à l’erreur ne sera officiel qu’en 2027, la liberté de simuler, elle, est déjà là. Comparez vos options sans attendre pour ne plus douter au moment de cocher.
